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Changer le système, pas le climat

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La conférence de Copenhague

Je recycle ici un texte que j’ai écrit mi 2009… d’actualité à l’époque… moins maintenant… Mais on voit bien qu’on n’a pas beaucoup avancé depuis !

Du 10 au 12 mars 2009, climatologues et autres spécialistes scientifiques internationaux  se sont exprimés conjointement lors du sommet de Copenhague : Congrès International Scientifique sur le Changement Climatique : « Risques mondiaux, défis et décisions ».

Les membres du GIEC (Groupement d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) ont allumé tous les signaux d’alerte rouge.

 “les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites”, a affirmé le comité scientifique de la conférence.

 “Imaginez un avion dont la probabilité d’arriver à destination est de 10 %. Monteriez-vous à bord ? Évidemment non…” Stefan Rahmstorf, de l’Institut de recherches de Potsdam sur le climat,  illustre ainsi la situation : depuis le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), publié en 2007, il est certain, à 90 %, que l’homme est à l’origine de la transformation du climat qui menace les grands équilibres planétaires.

  “Il faut que l’opinion soit sûre d’une chose. Les scientifiques sont clairs. Il n’existe pas de grosses incertitudes sur le film qui est devant nous. Et les politiques ne peuvent pas s’abriter derrière de prétendues inconnues pour ne pas agir.

Les congressistes ont adressé au monde les « six messages clés » suivants : (plus d’infos ici)

I Tendances climatiques

Les observations récentes confirment que, compte-tenu des hauts niveaux d’émissions [des gaz à effet de serre] observés, le pire scénario du GIEC (ou même pire encore) est en train de se réaliser. Pour de nombreux paramètres-clef, le système climatique est déjà en train de changer au-delà du schéma de variabilité naturelle dans lequel notre société et notre économie sont nées et se sont développées. Ces paramètres incluent la température moyenne de surface, l’augmentation du niveau de la mer, les dynamiques [d’interaction] entre l’océan et les calottes glaciaires, l’acidification de l’océan et les évènements climatiques extrêmes. Il existe un risque significatif pour que nombre de ces tendances s’accélèrent à l’avenir, conduisant à un risque accru de changements climatiques abrupts ou irréversibles.

II Déstabilisations Sociales

La communauté scientifique fournit de nombreuses informations afin d’aider aux discussions sur « les dangers du changement climatique ». Des observations récentes montrent que les sociétés sont fortement vulnérables, même à des niveaux modérés de changements climatiques, et que les pays ou les communautés pauvres sont particulièrement exposées à ces risques. Des élévations de température au-dessus de 2° c seront très difficiles à gérer pour nos sociétés actuelles, et augmenteront le niveau de perturbations [sociales] dues au climat durant ce siècle.

III Stratégie à Long Terme

Une atténuation [des émissions de gaz à effet de serre] rapide, soutenue et efficace, basée sur une action coordonnée au niveau régional et local, est requise pour éviter « un changement climatique dangereux », indépendamment de la façon dont on le définit. Des objectifs trop limités pour [l’échéance] 2020 augmentent le risque de dépasser des points de basculement, rendant la possibilité d’atteindre les objectifs de 2050 encore plus difficiles. Retarder la mise en place d’actions d’atténuation efficaces augmente significativement les coûts sociaux et économiques à long terme de l’adaptation et de l’atténuation.

IV La dimension de l’Équité

Le changement climatique a et aura assurément des effets fortement différenciés sur les populations dans et entre les pays et régions, pour cette génération et les générations futures, et sur les sociétés humaines et la Nature. Un filet de protection efficace et bien conçu aux fins de l’adaptation [à ces changements] est nécessaire pour les personnes les moins à même de faire face aux impacts du changement climatique, et une stratégie d’adaptation commune mais différenciée est nécessaire pour protéger les pauvres et les plus vulnérables.

V L’inaction est Inexcusable

Il n’y a aucune excuse à l’inaction. Nous avons maintenant suffisamment d’outils et de compétences - économiques, technologiques, comportementales, et de pilotage - pour agir efficacement face au défi du changement climatique. Mais ils doivent être vigoureusement et largement mis en œuvre pour accomplir la transformation sociétale nécessaire à la « décarbonation » des économies. Une vaste gamme de bénéfices résultera d’un effort concerté pour modifier aujourd’hui notre [modèle] économique de l’énergie, y compris l’augmentation des emplois dans le secteur des énergies durables soutenables, la réduction des coûts du changement climatique pour la santé et pour l’économie, la restauration des écosystèmes et la revitalisation des services que ceux-ci [nous] rendent.

VI Faire Face au Défi

Pour accomplir la transformation de la société requise pour faire face au défi du changement climatique, nous devons surmonter un nombre significatif de contraintes et saisir des opportunités essentielles. Cela inclut de réduire l’inertie des systèmes économiques et sociaux ; de tabler sur le désir grandissant des opinions publiques pour que les gouvernements agissent contre le changement climatique ; de supprimer les subventions implicites et explicites ; de réduire l’influence des intérêts particuliers qui augmentent les émissions et réduisent nos capacités d’action ; d’être capable de favoriser le passage d’une gouvernance inefficace et d’ institutions faibles vers un gouvernance innovante des États, du secteur privé et de la société civile ; et d’engager les sociétés dans une transition vers des normes et des pratiques qui renforcent la soutenabilité.