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Changer le système, pas le climat

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Looking Back on the Limits of Growth - Retour sur “Halte à la croissance”

Suite au deuxième rapport du club de Rome publié ces derniers jours, et afin de permettre à tous d’en lire le contenu, je traduits ici humblement l’article du Smithsonian magazine, cité comme source dans l’article de Jean-Paul Baquiast (publié sur les sites de Mediapart et d’Agoravox).

Quarante ans après la publication de l’étude révolutionnaire, est-ce que les préoccupations au sujet de la surpopulation et l’environnement étaient correctes ?

   Par Mark Strauss
     Smithsonian Magazine, Avril 2012

http://www.smithsonianmag.com/science-nature/Looking-Back-on-the-Limits-of-Growth.html#

Chart Sources: Meadows, D.H., Meadows, D.L., Randers, J. and Behrens III, W.W. (1972)

Les recherches récentes appuient les conclusions d’une étude environnementale controversée publiée il y a 40 ans: Le monde est en route pour un désastre. C’est ce que dit physicien australien Graham Turner, qui a revu le travail académique peut-être le plus novateur des années 1970 : The Limits to Growth (traduit en France par “Halte à la croissance”).

Rédigé par des chercheurs du MIT pour un think tank international, le Club de Rome, l’étude a utilisé des ordinateurs pour modéliser plusieurs scénarios futurs possibles. Le scénario business-as-usual estime que si les êtres humains continuaient à consommer plus que la nature était capable de fournir, un effondrement économique mondial et un déclin de la population précipité pourraient se produire d’ici à 2030.

Cependant, l’étude a également noté que la croissance économique illimitée était possible, si les gouvernements forgaient des politiques et investissaient dans des technologies pour réguler l’expansion de l’empreinte écologique de l’humanité. D’éminents économistes ont contesté la méthodologie du rapport et les conclusions. Yale Henry Wallich s’opposa activement, déclarant que limiter la croissance économique trop tôt serait reléguer des milliards de gens à la pauvreté permanente.

Turner a donc comparé les données réelles de 1970 à 2000 avec le scénario business-as-usual. Il a trouvé que les prédictions égalaient presque les faits. C’est une sonnette d’alarme très claire qui est tirée ici», dit-il. Nous ne sommes pas sur une trajectoire durable.

Plus d’infos sur le Club de Rome : http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome

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Le méthane de l’artique est devenu un énorme problème

Arctic methane turns out to be a huge problem after all

Traduction -humble- d’un article du 15/12 de Christopher Mims sur grist.org, disponible à cette adresse : http://www.grist.org/list/2011-12-15-arctic-methane-turns-out-to-be-a-huge-problem-after-all

Qui fait écho à mon post sur l’effet boule de neige, qu’on peut trouver ici.

Alors que le “Nerd Herd” était occupé à déclarer comme “non-starter” la menace des nouveaux gigantesques panaches de méthane provenant de l’océan arctique, nous avons tous réussi à manquer la réelle menace du méthane, mise en évidence par la climatologue Katharine Hayhoe : la surprise. La surprise et la peur. Les deux menaces réelles du méthane sont la peur et la surprise.

“The bottom line” : les modèles climatiques existants semblent avoir considérablement sous-estimé l’impact futur du méthane contenu dans les grandes réserves mondiales de la fonte rapide du pergélisol. En fait, l’impact réel sera 2,5 fois plus important que ce qui était précédemment estimé.

Un communiqué sur une nouvelle étude, par l’écologiste Edward Shuur : “les modèles créés afin d’estimer le réchauffement climatique pourrait avoir sous-estimé l’ampleur des émissions de carbone provenant du pergélisol au cours du siècle prochain. Son effet sur le changement climatique devrait être 2,5 fois supérieur à celui prédit par les modèles, en partie en raison de la quantité de méthane libérée par le pergélisol, ou sol gelé.

Le pergélisol mondial agit comme un congélateur pour la viande : il stoppe l’activité des bactéries dans le sol en les refroidissant beaucoup. Quand il dégèle, la digestion anaérobie recommence, en libérant du méthane. Et le méthane, juste pour vous rafraichir la mémoire, est 20 fois plus puissant comme gaz à effet de serre que le CO2 sur une période de 100 ans, et 72 fois plus puissant sur une période de 20 ans - soit la période que certains scientifiques affirment comme étant la plus pertinente en terme de point de basculement du climat.

A cause de restes de plantes et d’animaux en décomposition depuis des milliers d’années, le carbone organique dans la zone de pergélisol est réparti sur 11,7 millions de miles carrés de terre (soit 2,58 km²), une surface qui est plus de trois fois plus grande que ce qui avait précédemment estimé. Cette nouvelle valeur est principalement basée sur des données montrant que le carbone est stocké beaucoup plus profondément que ce que donnaient les résultats d’observations, de mesures du sol et d’expériences.

En d’autres termes, plus nous en apprenons sur les changements climatiques, plus sa logique devient dure.

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Négawatt : Le scénario nouveau est arrivé !

Quand j’ai écris les quelques billets qui précèdent, mi-2009, Négawatt avait déjà publié plusieurs scénarios. Et la réponse à mon article Que faire ? , c’était, entre autre, le scénario Négawatt.

Petit rappel donc :

  • sobriété : on s’interroge sur nos besoins en énergie, on rationalise notre demande et on chasse les gaspillages ;
  • efficacité : on décortique et on optimise la consommation des produits et services ;  
  • énergie renouvelable : on privilégie les sources locales et durables pour satisfaire les besoins restants.

Depuis, il y a eu Fukushima, et un peu d’eau sous les ponts. Et aujourd’hui, 10 jours après la sortie du scénario nouveau, ça commence à faire du bruit. Restons humble : du bruit chez les convaincus, certes, mais du bruit quand même.

Mais, au delà du désormais célèbre (et finalement très logique) : “sobriété, efficacité, renouvelable”, qui depuis la création de l’association en 2001, caractérise le scénario, qu’est ce qu’ils nous disent, les négawatt ??? Pas sûre que tout le monde soit rentré dans les détails…

Ce nouveau scénario répond à plusieurs objectifs :

  • montrer qu’une société dite « développée » peut subvenir à ses besoins en diminuant considérablement l’utilisation d’énergies fossiles et nucléaire.
  • proposer des mesures concrètes permettant une réelle transition énergétique
  • apporter une contribution technique au débat sur la politique énergétique de la France.

De profondes améliorations du scénario ont donc été apportées, visant à :

  • actualiser toutes les données statistiques (consommations de biens et d’énergie, évolution de la démographie, …)
  • réaliser un travail plus poussé sur l’industrie (vers l’écologie industrielle et l’économie circulaire)
  • intégrer une prospective sur le lien entre urbanisme et mobilité sur 2020-2050
  • coupler ce scénario avec le scénario Afterres2050 sur l’alimentation - agriculture et l’usages des sols, en cours de réalisation par l’association Solagro
  • intégrer une modélisation en puissance sur l’électricité (équilibre offre-demande sur les énergies renouvelables variables : éolien et photovoltaïque)
  • développer un nouveau jeu de politiques et mesures permettant d’initier sa réalisation  (cf. leur page)

Pour faire le lien avec mes articles précédents, le scenario 2011 ne vise pas le facteur 4, ni même le facteur 7 (cf. Le changement climatique), mais un facteur 16 en 2050. Et la nouveauté de cette année : le scenario prévoit une sortie du nucléaire en 22 ans.

Génial ! mais comment ?

Il suffit de passer de ça :

à ça !

Bon en fait, c’est simple :

- on fait une transition énergétique —> on abandonne le nucléaire (en 22 ans) et on ne compte pas non plus sur le stockage/séquestration du carbone.

- on reste réaliste —> on ne compte pas sur une grande découverte dans les prochaines années. Toutes les énergies que nous utilisons actuellement existent depuis les années 70 (il y a 40 ans - premier choc pétrolier, club de Rome etc) ; on ne peut pas imaginer décemment découvrir quelque chose qui fonctionne à grande échelle en 2050 (dans 40 ans).

- on vise le soutenable, tout simplement pour nos enfants…

et on agit de 3 façons principales : (tout est là)

- le bâtiment (45% de la consommation finale)

  • sobriété : on isole
  • efficacité : on installe des systèmes qui marchent le mieux possible (recirculation, chaudières à condensation etc)
  • renouvelable

il y a là un sujet à part entière. Ce qu’il faut retenir : les actions sur le neuf (la RT2012) ne changeront pas le problème, puisque 80% des bâtiments de 2050 sont déjà construits… Donc, il faut agir aussi (et prioritairement) sur la rénovation. C’est plutôt simple, techniquement c’est faisable, bien sûr, ça coute de l’argent. Un impératif : ne pas tuer le gisement : quand on rénove un poste, on y va carrément !

Autre point important sur le bâtiment ; beaucoup moins technique, et sur lequel il est beaucoup plus difficile d’agir : la décohabitation. La surface moyenne de logement par personne augmente constamment. Elle a beau être bien isolée…

- la mobilité - les transports

  • sobriété : on limite les déplacements, et on limite la vitesse
  • efficacité : on remplit les voitures (covoiturage) et les transports en communs, et on prend son vélo (et ses chaussures de marche). On améliore le fonctionnement des moteurs…
  • renouvelable : …on change de carburant.

Pour moi c’est là le premier point important du scénario : contre toute attente, ils ne nous vendent pas de voiture électrique ! Leur solution, c’est le gaz carburant, renouvelable, fabriqué par méthanisation de biomasse ou par mélange d’hydrogène et de CO2. Le CO2, pas de problème, on en a (c’est même le problème), et l’hydrogène, l’idée est de l’obtenir par électrolyse, en utilisant les “surplus” d’électricité. L’idée est de régler en partie le principal problème de l’électricité, très difficilement stockable, et produite aléatoirement (éoliennes, solaire…) en la transformant en biogaz, très facilement stockable.

- l’industrie

je ne rentre pas dans les détails, sur ce point là, c’est encore la sobriété qui est mise en avant… Réfléchir à nos besoins… relocaliser… recycler… Exemple parlant : diminuer les protéines animales…

Pour ce qui concerne les énergies renouvelables, tous les détails sont là.

Negawatt 2011 - les EnR

En bref, la biomasse fait une grande partie du travail. Cette partie est basée sur le scénario Afterres 2050 de Solagro et sur un système alimentaire soutenable et sur des systèmes agricoles productifs et durables.
Le bois-énergie est imaginé en conservant une gestion durable de la forêt, le biogaz avec utilisation des résidus de culture et de cultures intermédiaires pour améliorer le  mauvais potentiel méthanogène des déjections animales et une attention particulière est portée aux conflits d’usage (alimentation-énergie).

Le nucléaire étant arrêté en 22 ans, éolien et photovoltaïque produisent une électricité stockable, par méthanisation de synthèse, dans le réseau de gaz.

méthanisation de synthèse

La lecture de leurs documents est passionnante, je vous la conseille donc… On en sort très optimiste… seulement, le premier scénario négawatt date de 2003… nous sommes fin 2011, et pratiquement rien n’a avancé… peut-être que le premier pas, c’est de faire connaître, d’expliquer et de répéter et re-répéter… sobriété, efficacité, renouvelables… sobriété, efficacité, renouvelables…

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A lire :

L’association négawatt sur Wikipedia : ici

Le scénario (version digeste) : ici

Bastamag : qu’en pensent les politiques ? : ici

Bastamag : la France idéale, selon négawatt : ici

une évaluation du scénario en nombre d’emplois et en euros… ici

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à tous les climato-sceptiques qui passent ici… par hasard…

Je suis ingénieur en énergie. Je ne suis pas chercheur, climatologue, glaciologue, géologue, écologue ou que sais-je encore, ni indépendamment, ni tout en même temps.

Je suis donc incapable de vous démontrer scientifiquement que vous avez tort.

Par contre, je suis persuadée que vous avez tort, et donc je vous laisse, armé d’un peu d’ouverture d’esprit, aller voir sur d’autres sites, là où de vrais spécialistes ont démontés les arguments sceptiques.

Commencez-ici : {sciences²} Libé - Climat : 400 scientifiques signent contre Claude Allègre

Vous verrez qu’il n’y a pas besoin d’être chercheur en tout ça ou de comprendre dans les moindre détails toutes les publications du GIEC pour être convaincu. Il suffit de comprendre que les climato-sceptiques pèsent très peu face à toute la communauté scientifique.

et ensuite, pour chacune de vos questions, si vraiment vous tenez à choper un mal de crâne :

  • - vous pouvez commencer par là :

Ici, la protestation de Louise Sime, glaciologue britannique, contre les courbes bidons d’Allègre dans son livre.
Ici la démonstration par le paléo climatologue Hakan Grudd du trucage de Claude Allègre sur sa courbe de  températures.
Les autres débuggages sur le livre d’Allègre sont ici : le premier (mise en jambes), le second (spécial sergent recruteur), le troisième (spécial graphique faux), et le quatrième spécial comique. Le cinquième spécial graphiques.
- Lire ici un commentaire sur un éditorial de la revue Nature qualifiant le débat public sur le climat de “street fight”

enfin pour finir, demandez-vous : quel est l’intérêt de nier l’origine anthropique du réchauffement ? Avoir bonne conscience en laissant faire ?

Classé dans climat réchauffement ges sceptique

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Que faire ?

Je recycle ici un texte que j’ai écrit mi 2009… que je mettrai à jour dès que j’en aurai l’occasion, mais si d’autres exemples peuvent être ajoutés ou mis à jour, les idées sont toutes d’actualité !

Cet article est à compléter… avec tout ce que je pourrais encore écrire !

Que faire ?

Face à ce constat (mes deux posts précédents : des réserves d’énergie limitées, le changement climatique), la seule réponse avancée est de produire encore plus. Deux pistes dominent :

-   faire plus de nucléaire. Mais cette solution surprend, car même dans les scénarii les plus optimistes du Conseil Mondial de l’Énergie, le nucléaire ne représenterait pas plus de 8 % du bilan énergétique mondial en 2050. Il n’est donc pas une réponse à l’effet de serre, c’est un problème d’ordre de grandeur,

- au moyen de technologies futuristes complexes dont il n’est sûr ni qu’elles fonctionneront, ni qu’elles seront économiquement et environnementalement acceptables (hydrates de méthane, séquestration du carbone, centrales solaires en orbite, fusion, etc).

Le but de ce blog est d’essayer de montrer qu’ils existe d’autres pistes, et de les décrire !

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La conférence de Copenhague

Je recycle ici un texte que j’ai écrit mi 2009… d’actualité à l’époque… moins maintenant… Mais on voit bien qu’on n’a pas beaucoup avancé depuis !

Du 10 au 12 mars 2009, climatologues et autres spécialistes scientifiques internationaux  se sont exprimés conjointement lors du sommet de Copenhague : Congrès International Scientifique sur le Changement Climatique : « Risques mondiaux, défis et décisions ».

Les membres du GIEC (Groupement d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) ont allumé tous les signaux d’alerte rouge.

 “les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites”, a affirmé le comité scientifique de la conférence.

 “Imaginez un avion dont la probabilité d’arriver à destination est de 10 %. Monteriez-vous à bord ? Évidemment non…” Stefan Rahmstorf, de l’Institut de recherches de Potsdam sur le climat,  illustre ainsi la situation : depuis le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), publié en 2007, il est certain, à 90 %, que l’homme est à l’origine de la transformation du climat qui menace les grands équilibres planétaires.

  “Il faut que l’opinion soit sûre d’une chose. Les scientifiques sont clairs. Il n’existe pas de grosses incertitudes sur le film qui est devant nous. Et les politiques ne peuvent pas s’abriter derrière de prétendues inconnues pour ne pas agir.

Les congressistes ont adressé au monde les « six messages clés » suivants : (plus d’infos ici)

I Tendances climatiques

Les observations récentes confirment que, compte-tenu des hauts niveaux d’émissions [des gaz à effet de serre] observés, le pire scénario du GIEC (ou même pire encore) est en train de se réaliser. Pour de nombreux paramètres-clef, le système climatique est déjà en train de changer au-delà du schéma de variabilité naturelle dans lequel notre société et notre économie sont nées et se sont développées. Ces paramètres incluent la température moyenne de surface, l’augmentation du niveau de la mer, les dynamiques [d’interaction] entre l’océan et les calottes glaciaires, l’acidification de l’océan et les évènements climatiques extrêmes. Il existe un risque significatif pour que nombre de ces tendances s’accélèrent à l’avenir, conduisant à un risque accru de changements climatiques abrupts ou irréversibles.

II Déstabilisations Sociales

La communauté scientifique fournit de nombreuses informations afin d’aider aux discussions sur « les dangers du changement climatique ». Des observations récentes montrent que les sociétés sont fortement vulnérables, même à des niveaux modérés de changements climatiques, et que les pays ou les communautés pauvres sont particulièrement exposées à ces risques. Des élévations de température au-dessus de 2° c seront très difficiles à gérer pour nos sociétés actuelles, et augmenteront le niveau de perturbations [sociales] dues au climat durant ce siècle.

III Stratégie à Long Terme

Une atténuation [des émissions de gaz à effet de serre] rapide, soutenue et efficace, basée sur une action coordonnée au niveau régional et local, est requise pour éviter « un changement climatique dangereux », indépendamment de la façon dont on le définit. Des objectifs trop limités pour [l’échéance] 2020 augmentent le risque de dépasser des points de basculement, rendant la possibilité d’atteindre les objectifs de 2050 encore plus difficiles. Retarder la mise en place d’actions d’atténuation efficaces augmente significativement les coûts sociaux et économiques à long terme de l’adaptation et de l’atténuation.

IV La dimension de l’Équité

Le changement climatique a et aura assurément des effets fortement différenciés sur les populations dans et entre les pays et régions, pour cette génération et les générations futures, et sur les sociétés humaines et la Nature. Un filet de protection efficace et bien conçu aux fins de l’adaptation [à ces changements] est nécessaire pour les personnes les moins à même de faire face aux impacts du changement climatique, et une stratégie d’adaptation commune mais différenciée est nécessaire pour protéger les pauvres et les plus vulnérables.

V L’inaction est Inexcusable

Il n’y a aucune excuse à l’inaction. Nous avons maintenant suffisamment d’outils et de compétences - économiques, technologiques, comportementales, et de pilotage - pour agir efficacement face au défi du changement climatique. Mais ils doivent être vigoureusement et largement mis en œuvre pour accomplir la transformation sociétale nécessaire à la « décarbonation » des économies. Une vaste gamme de bénéfices résultera d’un effort concerté pour modifier aujourd’hui notre [modèle] économique de l’énergie, y compris l’augmentation des emplois dans le secteur des énergies durables soutenables, la réduction des coûts du changement climatique pour la santé et pour l’économie, la restauration des écosystèmes et la revitalisation des services que ceux-ci [nous] rendent.

VI Faire Face au Défi

Pour accomplir la transformation de la société requise pour faire face au défi du changement climatique, nous devons surmonter un nombre significatif de contraintes et saisir des opportunités essentielles. Cela inclut de réduire l’inertie des systèmes économiques et sociaux ; de tabler sur le désir grandissant des opinions publiques pour que les gouvernements agissent contre le changement climatique ; de supprimer les subventions implicites et explicites ; de réduire l’influence des intérêts particuliers qui augmentent les émissions et réduisent nos capacités d’action ; d’être capable de favoriser le passage d’une gouvernance inefficace et d’ institutions faibles vers un gouvernance innovante des États, du secteur privé et de la société civile ; et d’engager les sociétés dans une transition vers des normes et des pratiques qui renforcent la soutenabilité.

 


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Le changement climatique

Changement climatique WWF

Je recycle ici un texte que j’ai écrit mi 2009… que je mettrai à jour dès que j’en aurai l’occasion, mais si d’autres exemples peuvent être ajoutés ou mis à jour, les idées sont toutes d’actualité !

Des catastrophes naturelles

A tous les stades de sa transformation, l’énergie est source de nuisances : marées noires, effet de serre, couche d’ozone, déchets radioactifs, la liste est longue et l’impact environnemental de ces nuisances n’est plus nié par quiconque. La plus médiatisée de ces menaces est le réchauffement climatique (majoritairement dû au CO2) dont l’origine anthropique est  aujourd’hui bien établie : le monde libère déjà deux fois plus de carbone que ce que la Terre peut absorber (essentiellement par les océans). Si les pays riches ne divisent pas très vite par 4 ou 5 (voire 10 pour certains) leurs rejets de gaz à effet de serre (donc principalement leurs consommations d’énergie), les désordres observés se multiplieront : inondations, tempêtes, modification des régimes de climats et de pluies, inversion des grands courants marins.

Un changement d’ère climatique

En moyenne, la hausse de température prévue par les différents modèles de prévision au cours du 21ème siècle est de 4,1°C. On ne dispose pas dans les annales climatologiques de températures terrestres supérieures de 4°C aux valeurs actuelles. En revanche, on dispose de températures inférieures de 5°C. C’était il y a 20 000 ans. Le niveau des océans était plus bas de 120 m, l’Amérique et l’Europe du Nord jusqu’à l’Allemagne étaient recouvertes de 3 km de glace, on allait à pied sec de France en Angleterre, et le sol Français était du permafrost interdisant toute forme d’agriculture.  

On doit donc se convaincre rapidement que 4°C de plus ne consistera pas à se bronzer plus longtemps en été et à se chauffer un peu moins en hiver. Il risque de s’agir d’une disparition massive de la population humaine, et de conditions d’existence qui n’auront radicalement plus rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui…

Modification de l’équilibre de la planète

Un facteur 4 ou un facteur 7 ?

L’océan absorbe annuellement 3 milliards de tonnes de carbone. Seulement, plus la concentration en CO2 dans l’atmosphère augmente, moins l’océan peut absorber de carbone. Et surtout, lorsque la concentration devient trop importante, l’océan n’absorbe plus, mais rejette du carbone.

Les conditions de l’équilibre en CO2 de la planète

Sur la base des travaux de scientifiques et de climatologues, en considérant que l’océan absorbe 3 milliards de tonnes de carbone par an, et pour une population de 6 milliards d’individus, le rejet annuel ne peut dépasser 0,5 tonne de carbone par personne et par an. En France, aujourd’hui, nos émissions sont d’environ 2,4 tonnes de carbone par personne et par an. Il faut donc diviser par plus de 4 nos émissions de carbone.

C’est l’origine du « Facteur 4 » français. L’échéance fixée est 2050.

 Seulement, en 2050, la population mondiale sera de 10 milliards (et non 6), c’est donc un FACTEUR 7 qu’il va falloir atteindre !

MAIS, sans parler des problèmes dus à l’acidification des océans (disparition d’une grande partie de la vie sous marine), le rapport Hansen (1) indique que la concentration de CO2 sur terre, pour contenir le climat, n’est pas de 540 ppm (taux pris comme base par la communauté scientifique et dont la conséquence est le facteur 4), mais de 350 ppm. Or cette concentration est aujourd’hui de 385 ppm. Il va donc falloir revenir en arrière.

L’effet boule de neige – l’emballement du réchauffement climatique

- La fonte des glaces amorcée par le réchauffement climatique depuis déjà plusieurs années s’intensifie de plus en plus. Il y a plusieurs raisons à cela, les principales étant évidemment l’effet de serre,  et la seconde étant le fait que la surface glacée diminuant, les rayons du soleil sont moins réfléchis et la chaleur est d’autant plus absorbée par l’eau. Ceci constitue le premier effet boule de neige du réchauffement climatique.

- Cette fonte des glaces ne se limite plus aux pôles, mais s’étant aux sols gelés en permanence, appelés permafrost ou pergelisol (2)(Russie, Alaska, Groenland…) Ce réchauffement des sols constitue le deuxième effet boule de neige du réchauffement climatique.

- Le pergélisol, qui montre déjà des signes de faiblesses, stocke en effet de grandes quantités de carbone (30% de celui stocké dans les sols de la planète). La fonte réveille l’activité microbienne qui émet de grandes quantités de méthane (à volume égal, le méthane a un pouvoir réchauffant vingt-cinq fois supérieur à celui du dioxyde de carbone).
- En outre, dans les tourbes de la toundra arctique, les bactéries « réveillées » émettent de fortes quantités de protoxyde d’azote. (Son pouvoir réchauffant à échelle d’un siècle est trois cent fois plus élevé que celui du CO2).

- Enfin, le troisième effet boule de neige est dû à l’océan, qui risque de changer de comportement . Il commencerait un « débullage », c’est à dire qu’au lieu d’absorber le CO2, il relarguerait dans l’atmosphère celui qu’il contient déjà.

Ainsi, si la température sur terre augmente de 2°C : on pourrait alors assister à un « emballement » du climat. Selon R. Pachauri (prix Nobel 2007 et président du GIEC), on ne dispose en réalité que de 7 ans pour inverser la courbe de concentration des gaz à effet de serre. Après, on ne contrôlera plus le climat…

Évolution de la concentration en CO2 - 970 ppm est de l’ordre du taux de CO2 maximal admis à l’intérieur des bâtiments en France.
 Ouvrir les fenêtres n’aura plus aucun impact.


En conclusion, les plus récents rapports des experts mondiaux indiquent que ce n’est plus par un facteur 4 qu’il va falloir diviser nos émissions de carbone, mais par un facteur 7, et que l’échéance n’est plus 2050, mais 2016.

(1) James Hansen est l’un des meilleurs climatologues du monde, et dirige le Goddart Insitute de la NASA.

(2) étude du Centre de recherches atmosphérique de l’université de Boulder, un des hauts-lieux de la recherche sur le climat, et du Centre américain de données sur la neige et la glace

Données et informations tirées des documents d’Olivier Sidler, www.enertech.fr et de Jean-Marc Jancovici www.manicore.com



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Des réserves d’énergie limitée

Je recycle ici un texte que j’ai écrit mi 2009… que je mettrai à jour dès que j’en aurai l’occasion, mais si d’autres exemples peuvent être ajoutés ou mis à jour, les idées sont toutes d’actualité !

Le constat

Au rythme de consommation actuel, les réserves prouvées sont de 40 années de pétrole, 63 de gaz, 218 de charbon et 71 d’uranium.

Mais même en doublant, ces réserves resteraient dérisoires : quelques décennies. Pire : si on intègre le taux de croissance annuel de la consommation d’énergie (2%/an), en 2115 ce sont les réserves ultimes d’énergie qui seraient épuisées (les réserves ultimes sont les réserves maximum que l’on pense exister et qu’il serait possible d’extraire). Nos descendants proches seront touchés.

Consommation mondiale d’énergie avec 2% de croissance par an

Il faut donc en conclure que :
-
on ne peut plus bâtir des politiques économiques avec des croissances positives de consommations,
-
il faudra changer nos systèmes de production et de consommation d’énergie pour s’adapter.

 Et ces transformations seront longues à être effectives : bâtiments, machines, véhicules, sont conçus pour durer plusieurs décennies. Le choix des infrastructures (rail ou route par exemple) a des effets pendant parfois un siècle. Loin de permettre de « voir venir », les quelques décennies de ressources seront à peine suffisantes pour opérer ces mutations lourdes qui devront en plus vaincre l’inertie de nos mentalités. 

Et pourtant, en prenant en compte la croissance des pays du sud, et l’augmentation des  consommations d’énergie, en 2100, toutes les réserves (prouvées ET supposées) seront  épuisées.

 Seulement, la production va mécaniquement diminuer, en raison de cette limite. Ce phénomène est appelé le pic de Hubert. En Europe, ce pic a déjà eu lieu (les réserves de pétrole européennes sont faibles. L’offre est devenue inférieure à la demande, le marché s’est adapté, et le prix a augmenté). Ainsi, la hausse du prix de l’énergie est inéluctable dans un avenir très proche. Probablement bien avant 2020.

Pic de Hubbert en Europe (nombre de barils par jours)

Les conséquences

Outre les menaces de guerres armées pour le contrôle des réserves énergétiques, très mal réparties sur la terre, et principalement situées dans les pays d’ex-URSS (charbon et gaz), en Chine (charbon) et au Moyen-Orient (pétrole et gaz), les risques de guerres économiques sont forts.

Répartition des réserves prouvées dans le monde :

Les guerres pour le partage de ces ressources, donc entre pays riches, seront de type économique et opposeront l’Europe, les États Unis et la Chine. Ceci se déroulera sur fond de pénurie dans les pays les plus pauvres.

Mais on ne peut aussi exclure les conflits consécutifs aux désordres climatiques eux-mêmes, comme les inondations de régions entières par la mer, ou la désertification de certaines zones, et l’exode des populations vers des pays qui les combattront.

L’autre menace est celle du nucléaire. En France, le sujet est éminent polémique et cela nuit profondément à la qualité du débat. Mais reconnaître tous ses mérites à l’énergie nucléaire ne dédouane guère d’une réflexion plus critique : déchets sans solution, dissémination de matières radioactives, risques d’accidents majeurs, dissémination de l’arme nucléaire… L’augmentation du nombre de centrales (en supposant que les réserves d’uranium soient encore garnies, ou que la science ait découvert un moyen de faire de l’énergie nucléaire de manière renouvelable, et à un stade d’application industrielle) augmentera dans la même proportion la probabilité d’un accident nucléaire. (1)


(1) Les accidents nucléaires ne sont pas réservés aux pays pauvres ou non stables politiquement. Le 25 juillet 2006,  la centrale de Forsmark en Suède est passée à 7 minutes de l’accident majeur. Le 28 mars 1979, la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island a connu un accident de niveau 5 sur l’échelle internationale des événements nucléaires. L’accident de Tchernobyl a été classé 7 sur cette échelle.

Données et informations tirées des documents d’Olivier Sidler, www.enertech.fr et de Jean-Marc Jancovici www.manicore.com

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Islande : révolution en cours

http://www.dailykos.com/story/2011/08/01/1001662/-Icelands-On-going-Revolution

Merci à +Jeff RENAULT pour avoir déniché cet article… et voici une petite traduction ! (rapide)

ISLANDE : Révolution en cours

Une émission de radio italienne à propos de la Révolution en cours en Islande est un exemple frappant du peu que nos médias nous raconte du reste du monde. Les Américains peuvent se rappeler que dès le début de la crise financière de 2008, l’Islande littéralement fait faillite. Les raisons n’ont été mentionnées qu’en passant, et depuis lors, ce membre peu connu de l’Union européenne est retombé dans l’oubli. (note de la traductrice ;-) l’Islande n’est pas membre de l’UE)

Alors qu’aujourd’hui un pays européen après l’autre chute, mettant en péril l’euro, avec des répercussions pour le monde entier, la dernière chose que les puissances veulent, c’est que l’Islande devienne un exemple. Voici pourquoi:

Cinq ans d’un pur régime néo-libéral avait fait de l’Islande, (320 000 habitants, pas d’armée), l’un des pays les plus riches au monde. En 2003, toutes les banques du pays ont été privatisées, et dans un effort pour attirer les investisseurs étrangers, ils ont offert des services bancaires en ligne dont les coûts minimes leur ont permis d’offrir des taux de rendement relativement élevé. Ce compte, appelé IceSave, a attiré de nombreux petits investisseurs anglais et néerlandais. Mais tant que les investissements augmentaient, la dette étrangère des banques augmentait. En 2003 la dette de l’Islande valait 200 fois son PNB, mais en 2007, elle était de 900%. La crise financière mondiale de 2008 a sonné le coup de grâce. Les trois principales banques islandaises, Landbanki, Kapthing et Glitnir, ont fait faillite et ont été nationalisées, tandis que la couronne a perdu 85% de sa valeur par rapport à l’euro. A la fin de l’année l’Islande a fait faillite.

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, la crise a conduit les Islandais à recouvrer leurs droits souverains, à travers un processus de démocratie participative directe qui a finalement conduit à une nouvelle Constitution. Mais seulement après beaucoup de douleur.

Geir Haarde, le Premier ministre d’un gouvernement de coalition social-démocrate, a négocié un prêt de 2,1 millions de dollars, auquel les pays nordiques ont ajouté un autre de deux millions et demi. Mais la communauté financière étrangère a fait pression sur l’Islande pour qu’elle prenne des mesures drastiques. Le FMI et l’Union européenne souhaitait prendre le contrôle de sa dette, affirmant que c’était le seul moyen pour le pays de rembourser la Hollande et la Grande-Bretagne, qui avaient promis de rembourser leurs citoyens.

Les protestations et les émeutes ont continué, forçant finalement le gouvernement à démissionner. Une coalition de gauche a été élue en avril 2009, qui a condamné le système économique néolibéral, mais immédiatement cédé aux exigences de payer un total de trois millions et demi d’euros. Chaque citoyen islandais doit payer 100 euros par mois (ou environ 130 $) pendant quinze ans, à 5,5% d’intérêt, pour rembourser une dette contractée par les parties privées vis-à-vis d’autres parties privées. Ça a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Ce qui s’est passé ensuite a été extraordinaire. La conviction que les citoyens devaient payer pour les erreurs d’un monopoly financier, qu’une nation entière devait être taxée pour payer des dettes privées a été brisée, transformant la relation entre les citoyens et leurs institutions politiques et finalement conduisant les dirigeants de l’Islande aux côtés de leurs électeurs . Le chef de l’Etat, Olafur Ragnar Grimsson, a refusé de ratifier la loi qui aurait rendu les citoyens de l’Islande responsables des dettes de ses banquiers, et a accepté les appels à un référendum.

Bien sûr, la communauté internationale n’a fait qu’accroître la pression sur l’Islande. La Grande-Bretagne et la Hollande ont menacé de représailles terribles qui isoleraient le pays. Lorsque les Islandais sont allés voter, les banquiers étrangers ont menacé de bloquer toute aide du FMI. Le gouvernement britannique a menacé de geler les économies des Islandais et leurs comptes courants. Grimsson a dit: «On nous a dit que si nous refusions les conditions de la communauté internationale, nous serions devenus le Cuba du Nord. Mais si nous avions accepté, nous serions devenus l’Haïti du Nord. » (Combien de fois ai-je écrit que lorsque les Cubains voient l’état désastreux de leur voisin, Haïti, ils peuvent s’estimer heureux.)

Au référendum de Mars 2010, 93% des islandais ont voté contre le remboursement de la dette. Le FMI a gelé immédiatement son prêt. Mais la révolution (pas télévisée aux Etats-Unis), n’a pas été intimidée. Avec le soutien des citoyens furieux, le gouvernement a lancé des enquêtes civiles et pénales contre ces responsables de la crise financière. Interpol a lancé un mandat d’arrêt international pour l’ex-président de Kaupthing, Sigurdur Einarsson, qui comme les autres banquiers impliqués dans le crash ont fui le pays.

Mais les Islandais ne se sont pas arrêtés là: ils ont décidé de rédiger une nouvelle constitution qui permettrait de libérer le pays de la puissance exagérée de la finance internationale et de l’argent virtuel. (La constitution en vigueur jusque là a été écrite lorsque l’Islande a obtenu son indépendance du Danemark, en 1918, la seule différence avec la constitution danoise étant que “président” a remplacé le mot «roi».)

Pour écrire la nouvelle constitution, le peuple Islandais a élu vingt-cinq citoyens parmi 522 adultes n’appartenant à aucun parti politique mais recommandés par au moins trente citoyens. Ce document n’a pas été le travail d’une poignée de politiciens, mais a été écrit sur internet. Les réunions des constituantes sont diffusées en ligne, et les citoyens peuvent envoyer leurs commentaires et suggestions, témoins du document tel qu’il prend forme. La constitution qui se dégagera finalement de ce processus de démocratie participative sera soumis au parlement pour approbation après les prochaines élections.

Certains lecteurs se souviendront que l’effondrement agraire de l’Islande au neuvième siècle, a été présenté dans le livre de Jared Diamond du même nom. Aujourd’hui, ce pays se remet de sa chute financière de façon opposé à celle généralement considérée comme inévitable, comme l’a confirmé hier par la nouvelle chef du FMI, Christine Lagarde, à Fareed Zakaria. On a dit au grecs que la privatisation de leur secteur public était la seule solution. Et les italiens, les espagnols et les portugais sont confrontés à la même menace.

Ils devraient se tourner vers l’Islande. Refusant de se plier à des intérêts étrangers, ce petit pays a indiqué haut et fort que le peuple est souverain.

C’est pourquoi il n’est plus dans les journaux.

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On Nauru, a Sinking Feeling

The New York Times
On Nauru, a Sinking Feeling
http://www.nytimes.com/2011/07/19/opinion/19stephen.html?_r=3&ref=opinion

Traduction (humble)

Je te pardonne si tu n’as jamais entendu parler de mon pays.

Seulement 8 miles carrés, soit environ un tiers de la taille de Manhattan, et situé dans le sud de l’océan Pacifique, Nauru apparaît simplement comme une pointe d’épingle sur la plupart des cartes - si elle ne manque pas entièrement dans une vaste étendue de bleu.

Mais ne vous méprenez pas, nous sommes une nation souveraine, avec notre langue, nos coutumes et notre histoire remontant à 3 000 ans. Nauru vaut une recherche rapide sur Internet, je vous assure, non seulement vous découvrirez un pays fascinant qui est souvent négligé, mais vous trouverez une indispensable et édifiante description de la vie dans un endroit avec de dures limites écologiques.

Des mines de phosphate, exploitées d’abord par des entreprises étrangères et plus tard par nous, ont effacé la forêt tropicale luxuriante qui couvrait autrefois l’intérieur de notre île, les cicatrices de la terre et ne nous laissant pour vivre qu’une mince bande de littoral. L’héritage de l’exploitation nous a laissé avec peu d’alternatives économiques et l’un des plus forts taux de chômage dans le monde, et a conduit les gouvernements précédents à faire des investissements imprudents qui ont finalement dilapidé les économies de notre pays.

Je ne cherche pas la sympathie, mais plutôt à vous avertir de ce qui peut arriver quand un pays vient à manquer d’options. Le monde est dirigé sur une voie similaire avec l’embrasement sur le charbon et le pétrole, ce qui modifie le climat de la planète, fait fondre des calottes glaciaires, rend les océans plus acides et nous conduits de plus en plus vers un jour où personne ne sera capable de tenir pour acquis de l’eau propre, un sol fertile ou une nourriture abondante.

Le changement climatique menace aussi l’existence même de nombreux pays dans le Pacifique, où le niveau des mers devrait s’élever de trois pieds ou plus d’ici la fin du siècle. Déjà, la côte de Nauru, la seule zone habitable, est en constante érosion, et les communautés de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des îles Salomon ont été forcées de fuir leurs maisons pour échapper aux marées records. Les nations de basse altitude de Tuvalu, Kiribati et des îles Marshall peuvent disparaître entièrement durant la vie de nos petits-enfants.

Des histoires similaires de climat se jouent sur presque tous les continents, où une offensive soutenue des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur, qui devraient devenir encore plus fréquentes et plus intenses avec le changement climatique, ont déplacé des millions de personnes et entraîné des pénuries alimentaires généralisées.

Les changements ont déjà conduits à une intensification de la concurrence pour des ressources rares, et pourrait préfigurer la vie dans un monde où les conflits sont de plus en plus tirés par des catastrophes environnementales.

Aujourd’hui, la communauté internationale n’a pas commencé à préparer la tension qui sera mis sur les organisations humanitaires ou leurs implications pour la stabilité politique à travers le monde.

En 2009, une initiative lancée par les États du Pacifique insulaires en développement, dont je suis le président, a invité l’Assemblée générale des Nations Unies à reconnaître le lien entre changement climatique et la sécurité. Mais deux ans plus tard, aucune action concrète n’a été prise.

J’ai donc été heureux d’apprendre que le conseil de sécurité des Nations Unies posera demain la question dans un débat ouvert, dans lequel j’aurai l’occasion d’aborder le sujet et de réitérer les propositions de mon organisation.

Premièrement, le Conseil de sécurité devraient se joindre à l’Assemblée générale pour reconnaître le changement climatique comme une menace à la paix et la sécurité internationale. C’est une menace aussi grande que la prolifération nucléaire ou le terrorisme mondial. Deuxièmement, un représentant spécial sur le climat et la sécurité devraient être nommé. Troisièmement, nous devons évaluer si le système des Nations Unies est lui-même capable de répondre à une crise de cette ampleur.

Les enjeux sont trop élevés pour mettre en œuvre ces mesures seulement après une catastrophe qui en fait a déjà commencé. Les négociations pour réduire les émissions devraient rester le principal sujet pour parvenir à un accord international. Nous ne demandons pas à des casques bleus d’intervenir, nous demandons simplement que la communauté internationale planifie pour relever le plus grand défi environnemental et humanitaire de notre temps.

Nauru a commencé un programme intensif de restauration des dommages causés par l’exploitation minière, et mon administration a mis la durabilité environnementale au centre de nos politiques. Rendre notre île entièrement vivable encore une fois sera un processus long et difficile, mais c’est notre maison et nous ne pouvons pas le laisser pour un autre.

Je te pardonne si tu n’as jamais entendu parler de Nauru - mais vous ne vous pardonnerez pas si vous ignorez notre histoire.

Marcus Stephen est le président de Nauru.